Quels enseignements en tirer ? Dans l’économie digitale : un bien = production + transformation + information Marchandise = Production Valeur = Production Marchandise = Production + Transformation Valeur = Transformation Marchandise = Production + Transformation + Intelligence Valeur = intelligence - capacité à analyser et à anticiper les besoins des clients pour leur fournir une réponse sur mesure (une des déclinaisons de ce principe est le marketing one-to-one). C’est, par exemple, le réfrigérateur qui intègrera des fonctions de gestion et déclenchera automatiquement les commandes de produits achetés de façon récurrente (beurre, lait, yaourts, fruits…), - capacité à s’adapter à son contexte d’utilisation. C’est un téléphone portable qui vous indiquera sans réglage la liste des restaurants de la région dans laquelle vous voyagez, les plus adaptés à votre budget, - capacité à détecter les opportunités de transactions commerciales. C’est, par exemple, l’agent qui surveillera à votre place la mise aux enchères sur n’importe lequel des 73 sites d’enchères francophones, de l’exemplaire du journal de Mickey que vous recherchez depuis des années. Concrètement, sur une échelle de un à dix, le niveau zéro de l’intelligence de la marchandise est l’intelligence du contexte. Mais pour le moment, cela peut consister à savoir à quel moment proposer un produit, plutôt que d’attendre que le client cherche à se le procurer : un fleuriste sera, par exemple, avisé de créer un système de gestion informatisée qui enregistrera les anniversaires des femmes de ses clients et qui saura rappeler ces derniers quelques jours avant la prochaine date d’anniversaire pour leur suggérer d’offrir un nouveau bouquet. Autre exemple : une entreprise japonaise a installé des réfrigérateurs connectés à Internet dans certains foyers. Avant de jeter les emballages de certains produits qui viennent d’être consommés, les ménagères les passent devant un lecteur de codes-barres qui transmet l’information à un serveur qui déclenche la commande pour le renouvellement du produit. Le niveau un de l’intelligence consiste ensuite à personnaliser le produit en fonction des besoins de l’utilisateur. Si vous vous connectez sur le site de Levi’s –http://www.levis.com–, vous verrez que les clientes sont invitées à entrer leurs mensurations. Lorsqu’elles achètent un pantalon, il est alors produit sur mesure. Le niveau deux consiste à intégrer dans un objet une partie de l’intelligence : un agent intelligent chargé sur un téléphone portable vous indique de façon conviviale les différentes fonctions de votre téléphone, réalise de façon automatique certaines tâches à votre place (appeler en série plusieurs correspondants pour leur donner un rendez-vous, rechercher pour vous les produits les moins chers…) ou recommander un film qui semble correspondre à vos goûts. Il nous faut encore attendre quelques années avant de pouvoir explorer les niveaux trois à dix de l’intelligence de la marchandise : espérons qu’ils seront détaillés dans la prochaine version de ce guide ! |