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L'introduction en bourse délirante d'Uber

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L'introduction en bourse titanesque d'Uber fait couler beaucoup d'encre et laisse perplexe plus d'un analyste qui estime que la société et surcapitalisée. Aucun ne le dit clairement comme cela, par peur d'avoir mal compris quelquechose. Le site 24pm.com met les pieds dans le plat.

Dans un article qui dénonce les dérives sociales et financières d'Uber, 24pm academy

Découvrez donc, sur Avenir Innovation, une synthèse de cet article sur les raisons de ne pas participer à l'introduction en bourse d'uber.

L’introduction en bourse d’Uber représente l’aboutissement de l’une des pires formes d’ultra libéralisme directement lié la crise sociale et financière qui mine le monde depuis la crise de 2008.

Les raisons exposées par 24pm Academy de ne pas participer à l'introduction en bourse d'Uber.

Il est trop tard

L’écrasante majorité des fonds ayant investi dans Uber souhaite revendre le plus rapidement possible leurs actions à des petits porteurs. Ils patientent pour certains depuis 4, 5, 6, 7 et même 8 ans pour pouvoir revendre leurs parts et comme certaines d’entre elles ont eu très peur de ne jamais revoir leur investissement suite aux déboires Uber, on peut imaginer qu’elles sauteront sur la 1ère occasion.

L'entreprise dans son ensemble a fait preuve de malhonnêteté de façon répétée

Uber a accumulé procès sur procès qui mettent en danger la société.

Pour n'en citer qu'un qui concerne notre pays.

Neuf chauffeurs VTC poursuivent l'entreprise américaine aux prud'hommes pour faire reconnaître un lien de subordination et requalifier leur statut. Le 10 janvier 2019, la cour d'appel de Paris a estimé qu'un plaignant était lié à Uber par un "contrat de travail", ouvrant la voie à une requalification en masse, une décision qui fait l'objet d'un pourvoi en cassation. Une décision de justice historique pour les travailleurs "ubérisés" de manière générale, qui jugent leur situation comme une forme de "salariat déguisé". Evidemment Uber, contrairement à la plupart des entreprises qui perdent en appel aux prudhommes, a porté l’affaire en cassation. En cas de confirmation de la décision par la cour de cassation, la victoire des chauffeurs pourra faire jurisprudence pour l’ensemble des plate-formes, mais surtout casserait littéralement le modèle Uber en France qui repose sur un main d’oeuvre d’indépendant payés au lance pierre, bénéficiant d’une protection sociale rikiki et surtout sans toute la lourdeur de l’emploi salarié.

Uber n'est pas rentable

Uber est entré dans sa douzième année d’existence, et n’a jamais dégagé de bénéfices. C’est culturel. On parle souvent de la culture des entreprises. Uber est une entreprise qui, culturellement, perd de l’argent, dans l’espoir d’être le seul acteur survivant et donc ultra dominant du marché des VTC et une fois, son monopole assuré, de pouvoir remonter ses prix. Outre le fait que cela va à l’encontre de la plupart des législation dans les économies libérales, le modèle d’Uber ne permet pas d’envisager cette possibilité.

La valorisation est délirante

Uber perd 10 milliards de dollars par an. Même en redressant ses compte, il est probable qu’Uber ne parviendra pas à dégagera plus de 500 millions de bénéfices à l’année et ne vaudra plus que 10 ou 20 milliards. Sera alors venu le moment d’une OPA par un constructeur automobile, souhaitant se positionner sur le marché du VTC. Pourquoi pas un acteur chinois, comme Dongfeng (déjà actionnaire de PSA), Greatwall ou Geely, à la recherche d’une marque à forte notoriété pour pénétrer les marchés occidentaux et les pays émergents.

Les investisseurs sont pressés de faire leur exit

Certains investisseurs attendent depuis 2010 pour revendre leurs parts. On peut imaginer que certains investisseurs qui avaient investi en 2010 à l’âge de 50 ans, dans un fonds, ayant pris des parts dans Uber, par exemple arrivent à la soixantaine et souhaitent réaliser leurs plus values avant de mourir. Donc, lorsque le fonds par lequel ces investisseurs ont investi, revendront, on assistera à une pression à la baisse sur le cours d’Uber. Si ces investisseurs ont investis sur une valeur de 5 milliards de dollars, peu leur importe de revendre leurs parts sur la base d’une valorisation de 120, 110, 100 ou 80 milliards de dollars. De toute façon, ils enregistreront une très forte plus value. Mais à 80 milliards de valorisation, les actionnaires ayant participé à l’introduction en bourse voient la valeur de leur action chuter de 30 %.

Le business model n'est pas validé

Uber repose sur le modèle de la marketplace qui fonctionne rarement et repose sur un ressort essentiel, dont on ne parle pas parce que cela ternit le story telling officiel : le prix. La marketplace d’Amazon perd de l’argent chroniquement. Blablacar n’est pas rentable. La marketplace Cdiscount n’est pas rentable 10 après son lancement. Mais ces plateformes sont encore vivantes. C’est déjà bien, car la plupart des marketplaces lancées dans les années 2000 ont péri.

Uber est une marketplace classique : elle dépense des fortunes pour acquérir des clients, qui ne lui permettent pas de dégager de marge, parce qu’ils viennent d’abord et avant tout chercher du prix. Dès qu’ils trouvent moins cher, ils s’en vont, quelque soit la notoriété de la marque.

Uber, c'est la spéculation à tous les étages

En tant que pionnier de l’internet depuis 1996, l’auteur de l'article de 24pm qui a créé deux marketplaces, avait pris soin de s’assurer que le niveau de rémunération des fournisseurs serait toujours « justes » et des investisseurs de l’autre, si tant est que l’on puisse définir la justice des rémunérations.

Parce que si le nouveau paradigme, c’est remplacer des salariés par des indépendants corvéables et jetables pour gagner la bataille des coûts, c’est plutôt ancienne économie, genre économie du XIXieme siècle où les travailleurs étaient payés à la tâche et à des niveaux dérisoires.

Pourquoi cela est-il au coeur du modèle Uber ? Parce que c’est le seul moyen de faire trouvé par ses fondateurs pour faire de la croissance sur des marchés murs et saturés dans tous les pays, par des millions de taxi déjà en place.

Sans cette stratégie de coûts, pas de croissance et sans croissance par de plus value mirobolante pour les investisseurs.

Sans plus value mirobolante, pas de levée de fonds

Sans fonds, pas de développement, puisque le modèle Uber perd chroniquement de l’argent.

Tout est complètement artificiel dans le modèle Uber.

Uber c'est le moins disant social

Si l’on se fait au story telling officiel, Uber permet l’intégration de travailleurs, notamment « issus de l’immigration » qui n’avaient pas ou pas assez, accès au marché du travail. En plus, Uber leur donne la liberté : ils peuvent travailler au rithme qu’ils veulent, sans patron et s’organiser comme il le souhaite. Ils peuvent même travailler pour d’autres plate-formes de VTC.

La réalité est beaucoup moins rose : la prochaine fois que vous « prenez un uber », ayez la curiosité de discuter avec le chauffeur Uber et de lui demander s’il est satisfait de leur relation avec Uber.

Il vous dira probablement qu’il travaille 60 à 70 heures par semaine, pour gagner au final entre 1500 € et 2000€.

70 heures/semaine X 4,5 semaines en moyenne : 2000€/315h = 6,34€.heures

Evidement, les chiffres officiels d’Uber sont très différent de ces chiffres : la rémunération horaire charges déduites des chauffeurs d’Uber serait de 9,15€/heure...

Introduction en bourse d’Uber: Concurrence intense et Winner takes all

Par nature, Uber ne peut créer d’avantage lui permettant d’obtenir une position similaire à Google et sera durablement exposé à la concurrence. Cela pèsera sur ses marges et ses bénéfices ne seront pas collossaux.

Même si Uber bascule entièrement sur le modèle du taxi autonome et se débarrasse de ses chauffeurs, Uber se trouvera confrontés à la concurrence des constructeurs automobiles dont certains lorsque sur le marché du ride hailing (Daimler, Renault entre, mais probablement aussi les constructeurs chinois qui s’appuieront probablement sur la mutation des business models pour pénétrer les marchés occidentaux).

Introduction en bourse : le sens de votre investissement

Investir dans un modèle, c’est accorder un vote de confiance à cette société et à ses valeurs.

Compte tenu de tout ce qui vient d’être exposé, investir dans Uber, c’est encourager un modèle particulier et pousser l’évolution dans la société dans une certaine direction.

Pour savoir si vous avez envie de pousser le modèle Uber, je vous encourage à vous poser une question : aimeriez-vous que vos enfants deviennent chauffeur Uber ?


 

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