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Les révolutions ? ne pas manquer

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Le renforcement de la croissance viendra de la capacité du pays à investir dans les secteurs porteurs.   Un secteur est porteur quand son taux de croissance mondiale est particulièrement élevé et a vocation à le rester. Il ne s’agit pas là de l’intégralité d’un secteur comme on pouvait le définir il y a 15 ou 20 ans, mais de gammes de produits sur lesquels se détermine la compétitivité internationale.

Parmi les secteurs ayant le plus fort taux de croissance mondiale, on peut citer le numérique, la santé, les chantiers navals, l’environnement, les services financiers, l’aéronautique, l’agroalimentaire, la distribution, le tourisme, les transports, les services éducatifs, la construction et les services à la personne.

Parmi les nouveaux secteurs porteurs pour la France figurent le numérique, la santé, l’agro-industrie, l’énergie et l’environnement, la finance, les transports, le tourisme et les services à la personne.


LE NUMÉRIQUE, PASSEPORT DE LA CROISSANCE  

La France a longtemps été en avance dans le secteur des télécommunications et elle le reste : en matière de haut débit (fluxsupérieurs à 1 Mbit/s), le taux de pénétration est en très forte progression et le niveau d’offre Internet est l’un des plus compétitifs. La France est un leader des connexions haut débit ADSL grâce à une régulation en faveur du dégroupage et à la qualité technique du réseau historique. Ces comportements ont été encouragés par une baisse des prix d’un peu plus de 30 % en 10 ans, représentant un surplus pour les consommateurs estimé à 10 Md € en dépit de certaines entraves à la concurrence ; les usages, eux, ont été multipliés par 2,5. Succès encore dans la capacité d’appropriation d’Internet illustrée par l’explosion des blogs.  

Cependant, la France n’arrive qu’au 14e rang des pays de l’Union européenne pour l’accès des ménages à Internet (49 % contre une moyenne à 54 %). Des zones entières sont encore non couvertes par l’ADSL (2 à 3 % de la population répartis sur plus de 20 % du territoire).45 % de la population française ne se connecte jamais à Internet. La France n’a plus aucun acteur significatif dans le logiciel ni dans la fabrication d’ordinateurs, de serveurs et d’équipements annexes.

Aucune société française ne figure parmi les 15 premières sociétés éditrices de logiciels. Seuls deux « champions nationaux » s’inscrivent au palmarès des 5 premiers groupes mondiaux dans les sixprincipaux secteurs de l’économie numérique. La France n’a presque aucun acteur de taille mondiale dans les industries d’Internet. L’Europe, et plus particulièrement la France, accusent du retard dans les infrastructures très haut débit par rapport à l’Asie etaux États-Unis. La part de l’économie numérique dans la production française n’est que de 6 % au lieu de 13 % aux États-Unis et 17 % enCorée. Le niveau d’investissement en recherche et développement (0,3 à 0,4 % du PIB) est deux fois moindre que celui des États-Unis,de certains pays nordiques et des nouveaux champions asiatiques. La part des Technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’investissement productif n’est que de 11 % en France contre 18 % en Grande-Bretagne et près de 30 % aux États-Unis. Notre tissu de PME, déjà insuffisamment développé, reste rétif àl’usage de ces technologies comparativement à nos principaux voisins européens.  

La France investit dans ces technologies deux fois moins que les États-Unis ou la Finlande, ce qui explique, toutes choses égales par ailleurs, notre différentiel de croissance : le tiers de celui-ci s’explique par une moindre productivité de l’économie numérique en France, les 2/3 restants par une utilisation moins performante des TIC par les secteurs utilisateurs.   Enfin, les réflexes collectifs face à la révolution numérique restent parfois frileusement défensifs sur les droits d’auteur et la gratuité des données publiques.

À l’instar des États-Unis, de certains pays nordiques et des nouvelles puissances asiatiques qui ont fait du  développement numérique le principal moteur de leur compétitivité et de leurcroissance, notre pays doit mettre en œuvre une stratégie ambi tieuse dans trois directions :

• Des objectifs ambitieux de développement des infrastructures,  notamment de très haut débit.

• Un pilotage renforcé et unifié au plus haut niveau de l’État en  lieu et place de l’actuelle « dissémination » des structures.                                                                                          

• Des incitations pour promouvoir les investissements et les  efforts de recherche des acteurs de l’économie numérique.

 

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